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Jésuites Alumni N°3

Les nouvelles de la Compagnie de Jésus en France aux Anciens Elèves
des Etablissements Jésuites d'Education

Mars 2019


Secondaire : Alger | Amiens | Avignon | Bordeaux | Dôle | Jahmour | Le Mans | Lille | Lyon-St-Marc | Lyon-Trinité | Marseille | Metz | Montpellier | Nantes | Paris-Franklin | Poitiers | Reims St-Chamond-Grand'Grange |
St-Chamond-Ste-Marie | St-Etienne | Sarlat | Tananarive | Toulouse Vannes
Supérieur : Ginette | ICAM | Purpan | Université Saint-Joseph

EDITO

En septembre 2018, à une cinquantaine d'anciens élèves français des Jésuites, il a été donné de vivre des moments particulièrement forts au cours d'un voyage d'étude et parcours spirituel au Liban. Ce pays, on le sait, a vécu dans le dernier quart du XXème siècle des guerres civiles d'une grande violence; elles ont laissé des traces profondes de méfiances inter-religieuses, à l'intérieur des communautés des blessures; aujourd'hui, les tensions régionales suscitent des inquiétudes, contribuent à entretenir les divisions. Pourtant, dans ce contexte, nous en sommes témoins, oeuvrent des prophètes de la réconciliation et de la paix. Ainsi, après avoir entendu l'exhortation apostolique de Jean Paul II "Nouvel espoir pour le Liban" (1989), deux officiers qui se trouvaient dans des camps opposés lors des terribles affrontements entre chrétiens, Khalil Hélou, général de brigade de l'armée libanaise, alors commandée par Michel Aoun et Raymond Nadar, membres de l'Etat-Major des Forces Libanaises de Samir Geagea, ont fondé "Liban Message". Cette association a travaillé avec efficacité à la réconciliation entre les officiers des deux bords, hier belligérants. Elle étend désormais cette volonté de réconciliation aux officiers musulmans que les milices chrétiennes ont combattus pendant la guerre civile. Ces hommes sont habités par une foi profonde, animés par une spiritualité étonnante, et manifestent une espérance prophétique dans la possibilité d'un vivre ensemble entre communautés religieuses différentes. L'esprit de paix de ceux qui ont montré dans la guerre un formidable courage nous a impressionnés et réjouis. 
Nous devons rendre compte d'une autre rencontre, celles des fondateurs du mouvement du 25 mars, jour de la fête de l'Annonciation. Quelques musulmans, parmi eux Cheikh Mohammad Nokhari, directeur de Dar el Fatwa, la plus haute instance de l'Islam sunnite libanais au début des années 2000, Bassam Tourbah, ambassadeur au Liban, plus tard conseiller du Président Hariri (il se présente avec humour comme sunnite-jésuite), des chrétiens maronites comme Nagy El-Khoury (secrétaire général des anciens du collège de Jamhour) en sont l'âme. 
Le Cheikh Nokhari est en quelque sorte un "dévot de Marie", il montre que sa place dans le Coran est importante et trop souvent sous-estimée. Une dévotion partagée entre chrétiens et musulmans peut donc les rapprocher. Aussi, avec des amis maronites tel Nagy El-Khoury, il a plaidé depuis 2004 pour que la fête de l'Annonciation devienne une fête nationale chômée au cours de laquelle chrétiens et musulmans pourraient prier, sinon ensemble, du moins en une certaine communion, la Mère de Jésus. Par décret du Président Saad Hariri, il en est ainsi au Liban depuis 2010. "La rencontre islamo-chrétienne autour de Marie" qu'ils animent milite désormais pour le développement de relations harmonieuses entre les deux religions dans le respect de l'identité de chacune. Le mouvement commence à se développer en Europe. Cette volonté de coexistence paisible et de partage spirituel a eu un coût pour ses initiateurs. Cheikh Nokhari a été l'objet d'un attentat, il n'a pas été reconduit dans l'une de ses fonctions les plus éminentes. Mais les signes positifs ne manquent pas. Récemment, Nagy El-Khoury a été nommé par le Président  sunnite, Saad Hariri, "chargé de mission pour le dialogue islamo-chrétien". Dans un contexte international marqué par la violence aveugle du terrorisme islamiste en Asie, au Proche-Orient, en Afrique, en Europe, ces hommes sont de vrais "prophètes". Dans l'Ancien Testament, comme aujourd'hui, la mission du prophète est de parler et d'agir à contre-courant de l'histoire présente la plus bruyante, pour faire entendre une autre voix, ranimer l'espérance, anticiper sur la paix, démonter par des gestes symboliques que la coexistence est possible. Ils témoignent aussi que le mal ne l'emporte pas dans l'Histoire même si, provisoirement, il peut être diablement à l'oeuvre et doit être combattu. 

Patrick Langue s.j. rédacteur  patrick.langue@orange.fr
 
Conseiller de la Fédération Française des Anciens Elèves
Conseiller de l’association des Anciens Elèves de Saint Louis de Gonzague

Echos de la province d'Europe Occidentale Francophone :

De nouvelles ordinations dans notre communauté
Vincent de Beaucoudrey a été ordonné prêtre le 31 octobre 2018 à Beyrouth (Liban). Le 11 mai, Yves Vendée (de retour de Chine) et le 18 mai, Hervé Nicq (lycée Saint-Mauront à Marseille sous la responsabilité de la Compagnie) seront ordonnés prêtres. Quentin Lamy (jeune aumônier d'HEC) et Gonzague Lalanne-Berdouticq (aumônier des Prépas de Franklin-Saint Louis de Gonzague) seront ordonnés diacre en vue du sacerdoce le 6 avril. Grégoire Le Bel (Maison Mais) et Olivier Paramelle (Centre Laennec) prononceront leurs derniers voeux le 2 février prochain.  Nous pouvons nous réjouir de ces heureuses nouvelles. 
Les bâtiments qui furent ceux de Laennec, aujourd'hui entièrement rénovés, ont été récemment inaugurés au 12 rue d'Assas, ils sont désormais ceux de la Maison Matis qui accueille, outre le JRS, des associations jésuites au service de la jeunesse que nous aurons l'occasion de présenter dans une prochaine newsletter. 
Pour en savoir plus : jesuites.com

Présentation d'une oeuvre de la Compagnie
en France-Wallonie
:

Le Service Jésuite des Réfugiés, J.R.S./Welcome France
 
Le Père Calvez, conseiller de 1971 à 1983 du Général de la Compagnie, le Père Pedro Arrupe, évoque ainsi la création du JRS : " Un soir où parvenaient à Rome des nouvelles des boats-people dérivant en Mer de Chine, sa réaction fut immédiate : "Et nous, que faisons-nous?" Quelques minutes après partaient des télex dans le monde entier, déclenchant ce qui est devenu le Jesuit Refugee Service (JRS)". C'était pendant l'hiver 1979-1980. A l'époque le monde comptait 15 millions de réfugiés; au début de 2018, le Haut Comité des Réfugiés (HCR) en dénombrait 68,5 millions (y compris les "déplacés intérieurs", 16,2 millions étaient nouveaux-venus de l'année 2017 parmi les déracinés. Dans ces masses, nombreux sont les "déplacés de force". C'est dire que l'intuition du Père Général ouvrait sur un chantier tragiquement durable. J'ai été témoin sur le terrain, à la Frontière khmero-cambodgienne, à l'ombre du Père Ceyrac, des premiers développements du JRS.

Depuis, le Service Jésuite des Réfugiés s'est développé dans une cinquantaine de pays. Les Jésuites dont la mission est au sein du JRS travaillent au plus près des personnes déplacées, avec des collaborateurs laïcs, bénévoles ou salariés, dans les camps de réfugiés ou dans les pays-refuge, ils subviennent d'abord aux besoins de base en coopération avec l'agence des Nations unies pour les réfugiés. Conformément à leur tradition, les Jésuites, dans ce contexte, consacrent ensuite des efforts considérables à l'éducation et à la formation des enfants, mais aussi des adultes. Ils vont souvent bien au-delà du minimum prévu par le HCR.

Au Liban, récemment, nous avons eu le témoignage bouleversant du Père Sami Hallacq sj. Il a, au long des mois et des années, nourrit, avec ses collaborateurs, des dizaines de milliers de réfugiés de la ville d'Alep bombardée, asphyxiée, en grande partie détruite. Il concentre désormais son action sur la formation et l'insertion des jeunes. En Grèce, c'est le Père Maurice Joyeux, bien connu des ancien de Franklin et de Ginette qui était, jusqu'en 2017-2018, en première ligne dans ce pays qui voit arriver une bonne partie des rescapés de la traversée de la Méditerranée.  
Le Service Jésuite des Réfugiés de notre pays, JRS-France, a été créé en 2007. Ses programmes ont bénéficié en 2017 à environ 1500 demandeurs d'asile et réfugiés, grâce à 38 équipes de coordination régionale.

Des efforts importants sont consacrés à l'apprentissage du français, mais aussi à la formation professionnelle, dans les deux cas un accompagnement et une pédagogie de pointe reflètent l'esprit jésuite. JRS jeunes "permet à des jeunes (ou moins jeunes) qu'ils soient demandeurs d'asile ou réfugiés, étudiants ou jeunes professionnels français, de se rencontrer, de se connaitre autour d'activités communes et créatives qu'ils coalisent sur un pied d'égalité", il s'agit d'activités sportives ou d'expression, de rencontres inter-religieuses... ainsi est gagné ce que le Père Antoine Paumard, directeur de JRS-France nomme "le pari de la réciprocité". 


WELCOME est un élément essentiel de cet ensemble et justement le plus médiatisé. Il propose à des familles ou des personnes seules (mais aussi à des communautés religieuses...) de donner hospitalité et hébergement, gratuitement, pendant un temps défini et limité de quatre à six semaines, à un demandeur d'asile, en cours de procédure; l'accueil est sans considération de nationalité, de religion, ainsi l'accueilli peut provenir d'Air, du Proche-Orient, ou d'Afrique subsaharienne, il a été contraint de force à quitter son pays. Au terme de la durée fixée, un mois ou un mois et demi, l'accueilli quitte la famille pour être à nouveau reçu dans un autre lieu (cela sur un maximum de neuf mois). Pendant cette durée, l'accueillant, outre une chambre indépendante, offre le petit déjeuner, et au moins un repas pris en commun par semaine, plus avec accord mutuel éventuellement (en revanche la personne qui accueille ne subvient pas à l'habillement, à la nourriture quotidienne ou aux frais de déplacement). Un tuteur de JRS accompagne le demandeur d'asile et des organismes spécialisés le suivent dans ses démarches administratives. Cette expérience est celle d'une rencontre réciproque, dans un profond respect et avec beaucoup de délicatesse. Le plus souvent ces quatre ou six semaines sont une joie pour les personnes qui ont ouvert leur porte à l'étranger. En 2017, 75000 nuitées ont été offertes, en 1680 lieux d'accueil, 880 demandeurs d'asile et réfugiés ont ainsi été hébergés. Le JRS France est en lien avec de nombreuses associations pour un meilleur service des réfugiés.
Pour en savoir plus : www.jrsfrance.org 
Contact : secretariat@jrsfrance.org - JRS-France 12 rue d'Assas 75006 Paris

Evénements  & Agenda Jésuites Alumni - Anciens élèves

3-4-5 mai 2019 :

L'engagement dans la vie publique
Séminaire à Bruxelles pour les jeunes actifs (25-40 ans) pour discuter, échanger autour de la question du lendemain des élections européennes du 26 mai.
Pour y participer et obtenir le programme: karynapoita@gmail.com
Inscriptions et renseignements 
26-30 juillet 2019 :

Retraite ignatienne des familles
Une retraite ignatienne des familles est proposée par le Père Nicolas Rousselot sj. et le Père Patrick Langue sj. , en lien avec les associations d'anciens élèves de Sainte-Geneviève, Franklin-Saint Louis de Gonzague et Saint Joseph de Reims. 
Inscriptions et renseignements 
25-26 janvier 2020 :

Séminaire Jésuites Alumni France
Cette année, il aura lieu à Reims : ouvert à tous ceux qui souhaitent s'investir dans nos associations. Informations à venir.
14-18 juillet 2021 :

Congrès mondial à Barcelone
Nous y seront très engagés : découvrez trimestre après trimestre les principales informations.
Premier document.
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